Accueil du site > Édito > Visite du centre d’accueil des enfants, à Balasore

Visite du centre d’accueil des enfants, à Balasore

lundi 7 janvier 2013, par Marie-France

Anne-Claire Goudal a visité le centre d’accueil des enfants, à Balasore. Elle nous fait vivre sa rencontre avec les enfants et leur parents, avec les soeurs et sa visite au village des lépreux. Une video est disponible sur demande à l’association, magnifiquement illustrée, la réalité très émouvante de la vie là-bas.

Petit topo du séjour à Balasore, par Anne-Claire : séjour intense et émouvant ... nous avons encore dans la tête le sourire des Soeurs, des enfants, des adultes. Nous y avons aussi les rires car ils n’ont rien, mais tout à donner surtout la joie de vivre ... quelle belle leçon de vie ! Nous avons été accueillis très chaleureusement par Sister Cecily dans la villa " Sans Soucis" donnée par les demoiselles Agnès et Gertrude UMDERWOODS en 1967 ( j’avais oublié ce détail qui est parlant !! )

Environnement : La Soeur a eu besoin de nous parler tout de suite du climat instable, et de l’insécurité parfois, qui règnent dansl’état de l’Orissa. En effet, en 2007, un chef hindou et quelques chrétiens dont un prêtre sont tués de même qu’un centre catholique brûlé. En représailles il y a 352 personnes tuées ... aujourd’hui l’état de l’Orissa est instable. Les journaux rappellent un meurtre quotidien. Les trains sont également attaqués. Aujourd’hui, on parle d’une guerre de religion. Le centre ne semble pas menacé directement mais les soeurs sont inquiètes. Elles restent cependant actives et très courageuses. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé de dormir les deux nuits dans le centre ce qui n’a pas posé de problème. Les Soeurs remplissent donc pleinement leur rôle et ne sortent que lorsqu’il est nécessaire et que la situation est stable. Néanmoins le centre quant à lui reste accessible pour tous y compris le dispensaire qui accueille tout public et toutes religions confondues. Tout au long de notre séjour nous avons échangé avec les Soeurs sur leur quotidien, leur préoccupation. En voici donc un résumé que je préfère présenter par thème !

Voici les Soeurs actuellement au centre : Sister Cecily ( Soeur principale ) Infirmière, Sister Alphonsa / infirmière qui travaille au dispensaire, Sister Anima : institutrice arrivée dernièrement le 21 janvier 2011. Sister Probasini : institutrice. Sister Minati : enseigne à l’atelier couture 6 autres jeunes filles aident au bon fonctionnement du centre. Lever à 5h30 tous les matins !!!

Un petit mot sur Balasore : Cette petite ville se situe à 4h en train au sud de Kolkatta ( Calcutta ) dans l’état de l’Orissa. C’est un état plutôt rural connu surtout pour ses superbes temples à Bubaneshwar et à Konarak pour le fameux temple du Soleil. Ici, l’anglais n’est pratiquement pas parlé. On parle l’ORYA , langue administrative. Au coeur des villages, on utilise des langues dites tribales comme le " SANTALI", le " KUI" , le "MUNDA" et le "SAURA"

Le Financement du centre de Balasore. Le financement du centre vient de différentes ressources. L’Etat Indien semble contribuer un peu mais c’est surtout " les Eaux du Gange " qui a alimenté le principal foyer financier. Il y a aussi la Suisse et depuis deux ans, et l’Espagne qui aide à construire un pensionnat au sein du centre de Balasore pour les petite filles dont les villages, comme celui de BASTA, sont trop éloignés. L’association espagnole s’appelle « Manos Unidos » . A ce jour il reste à meubler les salles. Pour le moment, il y a un groupe de fillettes qui vivent à la semaine au centre à côté des personnes âgées. L’ambiance y est très chaleureuse et gaie. Cela apporte une présence positive pour les personnes âgées.

L’argent envoyé par "les Eaux du Gange" est principalement destiné aux parrainages des enfants en pensionnat : vêtements, électricité, nourriture, fournitures scolaires, médicaments et pension.

La Nursery : Elle existe belle et bien et les enfants sont toujours aussi attachants. Nous avons séjourné à Balasore pendant la " Sahawati Puja " ... fête du printemps. Et puisque les Soeurs respectent la religion des enfants hindous, il n’y avait pas école. La Soeur explique qu’il est difficile d’avoir une classe complète chaque jour. Les difficultés sociales des familles n’encouragent pas les enfants à se rendre à l’école quotidiennement. Les Soeurs mènent un combat quotidien pour aider les parents à prendre conscience de l’importance de l’éducation.

L’atelier Couture : Ce dernier fonctionne toujours aussi bien. Il y a 15 machines à coudre. Les vêtements confectionnés servent aux enfants et aux jeunes femmes qui aident au centre. Il n’y a pas de vente. Il s’agit toujours d’un centre d’apprentissage pour que les femmes puissent par la suite exercer un métier en ville. Sister Minaty enseigne cette matière avec joie.

Le déroulement scolaire des enfants : La Nursery accueille les enfants de 3 à 5 ans. Ils sont accompagnés par les familles vers 10h. Les parents viennent les chercher vers 16 h30. Il y aurait 70 inscriptions mais tous ne viennent pas quotidiennement pour les raisons que j’ai évoqué antérieurement. Les enfants sont accueillis dans le jardin d’enfant. Ensuite distribution de repas complet ( riz, légumes, parfois viande ) Puis ils se déshabillent pour porter l’uniforme confectionné par l’atelier couture. Apprentissage de l’Orya ( langue parlée en Orissa ) car la population ici ne parle pas anglais ni hindi mais le Santali. Il s’agit d’un dialecte. Sieste par la suite avant le retour à la maison De 5 à 10 ans, les enfants sont scolarisés, les filles en ville et les garçons d’avantage dans les villages des alentours. Après 10 ans, les enfants partent en pension dans différents districts : Mitrapur pour les filles,, Krishnachandrapur pour pensionnat mixte, Hatigarh et Bhagamora pour les garçons,

A notre grande surprise, nous apprenons que l’Etat de l’Orissa est une région géographique de l’Inde où l’anglais est peu parlé. Les enfants ne pratiquent pas cette langue. C’est une des raisons pour lesquelles il est difficile d’échanger nos courriers même avec les jeunes étudiants.

Le devenir des enfants après leur scolarité. L’Orissa est un état indien très rural. Les filles travaillent dans leur famille avant de se marier ( âge légal : 18 ans ). Les garçons deviennent menuisier, charpentier, agriculteur, commerçant, conducteur de rickshaw… Dans l’histoire de l’association un jeune garçon est devenu instituteur dans un village où il ne parle que l’orya et le santali ( dialecte parlé par les villageois de l’Orissa, du Bengal et du Bihar ) Il n’y a pas de notion d’anglais enseignée.

L’inquiétude actuelle des Soeurs Le prix du riz a nettement augmenté et la nourriture aussi. Les enfants et les Soeurs ne mangent pas quotidiennement de la viande.

Et si le centre fermait ??? Sister Cecily nous regarde inquiète et triste. Les enfants retourneraient travailler dans les champs avec leurs parents sans aucune éducation ou mendieraient à l’entrée de la ville. Même si le gouvernement tente d’imposer l’éducation à partir de 6 ans, les familles rencontrées ont d’autres préoccupations : manger un petit peu tous les jours ... De plus ce n’est que le centre de Balasore qui aide les enfants de familles lépreuses !!!!!!

Au sujet de la Lèpre Autour de Balasore, il n’y a presque plus de nouveau cas. Le gouvernement indien contribue à la distribution de traitements. Des dispensaires en campagne sont aménagés. Dès les premiers symptômes, les enfants et adultes sont soignés. Nous avons donc pu aller à la rencontre des parents malades ... un moment d’humanité, de sourire, de partage .... un instant de vie qui ne nous laissera plus jamais indifférents ...

Notre vœu Ce que nous suggérons à notre retour pour les enfants en guise de projet : permettre aux Soeurs d’accompagner les enfants au bord de la mer ( qui se trouve à une dizaine de kilomètres ) en louant un bus, un jour de fête hindoue ( car les Soeurs respectent scrupuleusement leur religion ). Ce serait un tel bonheur pour les Soeurs et les enfants de partager un moment de loisir ensemble ...

Nous avons donc quitté Balasore le coeur serré mais heureux de constater que les Soeurs font un travail admirable, courageux et respectueux envers les enfants et les familles. Vivement la prochaine visite ...

Anne-Claire Goudal