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Elle refuse de se marier à 13 ans

samedi 20 février 2010, par Marie-France

Arfa devait être mariée à l’âge de 13 ans, comme ses deux sœurs. Mais la jeune Indienne s’est rebellée. Publié le mercredi 06 janvier 2010 Modifié le mercredi 06 janvier 2010 dans htpp ://www.unicef.fr

District de Purula, 4 janvier 2010. Avant, Jakir Ansari travaillait dans un cirque. Il était clown. Tristes souvenirs de ce temps passé : son visage et ses bras sont couverts de cicatrices. Des couteaux lancés qui ont manqué leurs cibles et atteri dans la chair de l’enfant. Aujourd’hui, Jakir a rendu son costume. Il travaille désormais comme terrassier pour 1200 roupies par mois (soit environ 18 euros) pour aider sa famille pauvre. Sa petite sœur, Arfa, est partie travailler comme domestique alors qu’elle n’avait que 8 ans. Son père avait prévu de la marier lorsqu’elle aurait 13 ans. Comme il l’a fait pour ses deux sœurs.

Mais Arfa a dit non. « Evidemment un jour, nous serons toutes mariées, explique la jeune fille. Mais pas avant 18 ans et pas avant que je puisse finir mes études. » « Le seul endroit où ils sont traités comme des enfants … »

Au départ, le père d’Arfa, n’était pas prêt à accepter la décision de sa plus jeune fille. Arfa a donc demandé de l’aide. « Mes sœurs aînées n’étaient pas prêtes à être mariées à ces âges, mais je suis encore plus déterminée qu’elles, raconte Arfa. Je suis soutenue par mon école. »

Arfa a en effet pu s’inscrire dans une école développée dans le cadre du Projet national autour du travail des enfants. Objectifs de cette établissement : améliorer la vie des enfants qui travaillent en leur permettant de suivre des cours et en restaurant leurs droits les plus essentiels. L’Unicef soutient 23 de ces écoles dans le district de Purulia. Les enfants y apprennent leurs droits.

« Pour la plupart de ces jeunes, l’école est le seul endroit où ils peuvent être traités comme des enfants, explique Prosenjit Kundu, du département du travail de Purulia. Même lorsqu’ils sont dans leurs familles, ils sont obligés de travailler. » « La connaissance de leurs droits leur a donné la force de dire non au mariage précoce et de poursuivre leur éducation », complète Lori Calvo, responsable du bureau de l’Unicef pour la région du Bengale occidental. Son père convaincu

Finalement, le père d’Arfa a été convaincu par sa fille et par le plaidoyer de son professeur et des autres enfants. Arfa pourra se marier lorsqu’elle sera prête. Elle poursuit aujourd’hui sa scolarité. En ce moment, elle enseigne même la lecture et l’écriture à sa mère.